RICHARD

Phare du Richard,

à 1 mille en aval du petit port du Richard sur la rive gauche de la Gironde,


*15 mars 1845 : feu fixe blanc au sommet d'une tourelle cylindrique centrée sur le corps de logis de 16,35m de hauteur. Adjudication du 22 juillet 1843 remportée par Prieau entrepreneur à Bordeaux.

* 9 juillet 1853 : feu fixe rouge. Mais le feu n'est pas assez haut pour assurer la sécurité des marins. Il faut construire rapidement une tour beaucoup plus élevée.
* premier septembre 1870 : feu fixe rouge sur une tour métallique cylindrique soutenue par 3 jambes de force de 30m de hauteur,
* premier novembre 1901 : incandescence par le pétrole et renforcement du feu.


Après l'allumage en août 1869 du phare métallique des RocheDouvres, dans les Côtes d'Armor, les ingénieurs des Ponts et Chaussées acceptèrent plus facilement l'utilisation de ce matériau jugé pourtant très "vulgaire" . Par la suite les deux grandes maisons française, Barbier et Sautter, construisirent elles aussi des tours en fer présentées dans leurs catalogues mais proposées ostensiblement pour les colonies ou les pays étrangers. La plus ancienne compagnie, Sautter et Lemonnier, disposait de deux modèles, les tours à ossature extérieure et les tours tripodes pour des feux de premier, second et troisième ordres qui "paraissent réunir, à un degré supérieur, l'emploi rationnel et économique du fer et la facilité de montage ". Les premières conçues d'après les ingénieurs de la société Eiffel se composaient d'un cylindre en tôle pleine de 1 mètre 80 de diamètre constitué par une série de viroles de 2 mètres 50 de hauteur dont chacune contenait une spire complète de l'escalier, avec palier de repos. La dernière virole de l'édifice avait un diamètre plus grand que les autres et de même dimension que celui de la lanterne de façon à accueillir les gardiens et former de la sorte une chambre de veille. Contre le cylindre d'une hauteur variable selon le nombre de viroles, comprise entre 15 mètres et 50 mètres éventuellement, étaient appliqués huit contreforts formés par une série de cadres trapézoïdaux en cornières assemblées et raidies par des croisillons.

Ce type de tour ne fut que peu vendu, au Brésil pour le feu d'Inhaca, en Finlande pour le feu de Valsörarne, en Russie pour la tour de Dager Ort ou encore une à Cadix en Espagne, qui existe toujours, achetée en France ainsi que les appareils optiques correspondants.

Le second modèle, par contre, connut un succès commercial bien plus remarquable ; la tour tripode conçue par l'ingénieur Lecointre et fabriquée par la Société Nouvelle des Forges et Chantiers de Méditerranée se composait elle aussi d'un cylindre central en tôle pleine constitué par des viroles de 2,85m de hauteur et 2 mètres de diamètre, terminé par une chambre de service à sa partie supérieure.L'intérieur du tube était lambrissé de sapin afin d'atténuer les variations internes de température et la condensation excessive. Les contreforts du système de tour décrite auparavant étaient remplacés par trois jambes de force en tôle, rivetées au sommet du cylindre central et fixées à leur pieds par des boucliers de fonte noyés dans un massif de maçonnerie de béton. La Société des Forges remporta la soumission nationale le 20 avril 1869 pour la fourniture de deux tours en fer pour les phares de Richard et de la Palmyre en Gironde.

Le Service des Phares et Balises accepta cette solution car le temps pressait et la nécessité de disposer de deux tours de grandes hauteurs dans les plus brefs délais obligea à concevoir et fabriquer des édifices en fer. D'autre part cette même société venait de fournir, en respectant des délais draconiens, trois tours de 55 mètres de hauteur conçues selon le même modèle pour la compagnie du canal du Suez et montées en 1869 dans le delta du Nil à Brulos, Rosette et Damiette. Ces constructions métalliques donnèrent entière satisfaction et les ingénieurs français des Ponts et Chaussées présents en Égypte louèrent la rapidité et la simplicité de montage. La Société des Forges débuta immédiatement la préparation des éléments et, malgré la grève qui touchait le bassin de la Loire et les difficultés de recevoir les tôles, livra l'ensemble à la fin de l'été 1869 ; les deux feux furent allumés le premier septembre 1870 pour une dépense totale de 150 000 francs, trois fois moindre que celle envisagée pour la construction de deux tours en maçonnerie traditionnelle. Très stables et d'une grande résistance aux intempéries et à la corrosion les deux tours remplirent pleinement leur rôle.

Celle du Richard porta un feu jusqu'au 15 octobre 1953 ; déclassée en 1956 elle finit le 17 septembre 1956 sous les coups d'un ferrailleur de Lesparre, monsieur Dios.

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