LAVARDIN

LAVARDIN

Feu du Lavardin, sur le rocher du Lavardin, accès au port de la Rochelle,


Une tourelle en maçonnerie est érigée sur l'écueil en 1841 mais l'accroissement du trafic maritime vers le port de commerce de la Pallice- la Rochelle exige une signalisation nocturne plus complète. Il est alors décider d'installer un feu automatique sur la tourelle mais se pose le problème de l'alimentation du feu : "On mettra prochainement en expérience sur la tour-balise du Lavardin un feu de 5ème catégorie alimenté en essence légère de pétrole ," avis aux navigateurs, novembre 1888.


Les feux permanents.


En 1887 tous les feux de France fonctionnent à l'huile minérale, le pétrole lampant actuel, et lampes à mêche sauf trois bouées lumineuses au gaz et 10 phares électriques ; ce combustible nécessite le concours de gardiens et d'au moins trois d'entre eux, par roulement, pour les phares isolés en mer. L'obligation de les loger, de les ravitailler et de les remplacer régulièrement, de leur offrir un édifice stable et résistant entraîne des dépenses très élevées, obère gravement le maigre budget annuel alloué au Service des Phares et réduit d'autant le programme des constructions neuves complémentaires. Il fallait parer au plus pressé si bien que longtemps les directeurs du Service des phares reportèrent la construction de phares en mer dont l'utilité ne souffrait pourtant d'aucune contestation. Mais face aux réclamations grandissantes des utilisateurs et pour répondre aux besoins réels, la seule solution revient à éclairer les tourelles plus modestes déjà construites, sans compter pour autant sur l'alimentation traditionnelle au moyen de l'huile minérale car l'allumage et l'extinction des mêches impliquent la présence obligatoire de l'homme. Persuadés de franchir un seuil important s'ils parviennent à maintenir des feux automatiques pendant plusieurs mois sans le secours de gardiens attitrés, les ingénieurs de toutes les nations maritimes s'attellent à cette tâche. Le principal problème technique réside dans le choix du combustible ; il convient de développer des sources d'illumination capables d'assurer une flamme permanente durant 2 à 3 mois environ car au cours de cet intervalle il est toujours possible, même pour les établissements les plus exposés, de bénéficier de journées suffisamment clémentes pour approvisionner et entretenir ces feux. Un autre problème, et non des moindres, fut de convaincre les utilisateurs absolument opposés à l'érection de telles aides sujettes à des extinctions éventuelles et prolongées ; pour un marin il vaut mieux une absence certaine de feu plutôt qu'une présence aléatoire.

Le Service des phares lui-même admet les possibilités d'extinction puisqu'il prévient dans l'état du balisage et de l'éclairage que les "feux permanents bien que donnant des résultats satisfaisants ne sauraient offrir les mêmes garanties que ceux qui sont gardés et surveillés sans cesse. Aussi les navigateurs devront-ils se tenir en garde contre la défaillance éventuelle de ce mode d'éclairage " .

Pour répondre à cette exigence de durée, on pense d'abord au gaz de houille comprimé déjà utilisé avec bonheur pour l'éclairage urbain mais celui-ci ne présente qu'un faible pouvoir éclairant inadapté à la signalisation maritime. Le gaz de pétrole ou d'huile minérale paraît beaucoup plus efficace tant et si bien qu' après des essais concluants il équipe les premières bouées lumineuses dans l'estuaire de la Seine, au large du Havre, sur le banc des Hauts-de-Quarante, allumées le 3 octobre 1881. Par la suite on teste ce gaz pour les feux des tourelles de la jetée Nord du port de Boulogne, inaccessibles pendant les périodes de gros temps, allumés le 15 août 1888, et pour celle de l'avant port de Marseille . Ce type d'installation se remarque immédiatement du fait de la présence d'un volumineux réservoir cylindrique de 7 mètres cubes sous la lanterne. Ce procédé oblige cependant à des investissements importants et en particulier le montage d'une usine spéciale de fabrication et de conditionnement du gaz dans les dépôts d'arrondissement. Approprié pour l'éclairage des bouées il est rapidement abandonné pour celui des tourelles pour des raisons pratiques d'approvisionnement , de difficultés d'emploi car l'on craint la perte des réservoirs en des lieux trop exposés, de mise au point des brûleurs et surtout d'un prix de revient prohibitif. Pour ces raisons le Dépôt des Phares entame dès 1887 des expériences sur les autres sources d'alimentation potentielles et en particulier l'huile minérale, utilisée avec bonheur depuis 15 ans dans l'ensemble des phares de France, en présence d'une mèche incombustible et d'un gardien. Mais ces essais se soldent par des échecs répétés si bien que l'on s'oriente vers d'autres sources et en particulier la gazoline  ou essence de pétrole. Très inflammable elle présente certes des risques importants d'explosion mais aussi un très fort pouvoir éclairant et une relative facilité d'emploi. Une fois son utilisation admise il devient facile de réaliser l'appareil d'éclairage d'autant plus que ce type de bruleur fonctionnait déjà en Suède, en Finlande et en Grande-Bretagne. Le dépôt s'adresse à la société londonienne Crotter, détentrice du brevet, et passe commande d'un appareil complet pour essai.

Après de nombreuses améliorations, en particulier pour augmenter la période de combustion à plus de 150 jours consécutifs, ce système est expérimenté pour le feu de la tourelle du Lavardin, à coté des ports de la Rochelle et de la Palice, allumé en novembre 1888, puis en décembre 1893 pour le feu de la tourelle des Chiens-Perrins au Nord de l'île d'Yeu ; ils fonctionnent sembe-t-il d'une manière satisfaisante jusqu'en 1904. Le 12 juillet de cette année là, les appareils sont démontés, remplacés en septembre par un dispositif fonctionnant au gaz d'huile .


*novembre 1888 : feu blanc à occultation, la durée des occultations est variable ,
*12 juillet 1904 : feu blanc à occultation toutes les 6 secondes, secteur vert, alimenté par la vapeur de pétrole,
* 1925 : alimenté au gaz,
*7 novembre 1977 : installation de l'aérogénérateur.

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