sur l'îlot du même nom à un mille du littoral, au Nord de l'entrée de l'Abervrac'h,


* 15 août 1845 : feu fixe blanc varié par des éclats longs rouges toutes les 4 minutes au sommet d'une tour carré sur corps de logis de 31m de hauteur. Adjudication du 26 mai 1842 approuvée le 8 juin en faveur du sieur Briau et fils entepreneur à Ancenis, pour un total de 101 470 francs-or.

Dès 1863, après la construction et l'allumage du phare du Créac'h d'Ouessant, il est prévu de renforcer le fanal en place dont la portée de 18 milles est insuffisante. Le 22 avril 1896 il est demandé aux ingénieurs finistériens de préparer un projet afin "d'augmenter le plus possible la portée géographique du phare de façon à le rendre plus visible à grande distance ". Pour satisfaire à cette exigence le foyer doit être placé à environ 75m au dessus des plus hautes mers sur une île pratiquement au ras de l'eau. La tour doit donc s'élever elle aussi à plus de 75m de hauteur : " la tour sera voisine de 75 mètres et sera supérieure à celle des phares les plus élevés et les plus hardisqui aient été construits jusqu'à ce jour ". La vieille tour est jugée trop basse et trop étroite pour accueillir une nouvelle lanterne et un feu plus puissant. Il faut construire un nouveau phare.

Le projet de la tour est rédigé par les ingénieurs Considère et Pigeaud et présenté le 13 juin1896. Il s'agit d'une tour ronde dont la galerie culmine à 70m au dessus du sol et dont l'intérieur mesure 5m de diamètre. Ce vide est occupé par un escalier suspendu. Il est prévu de construire le fût en pierres de Kersanton, " les moellons de parement étant posés par assises réglées et ciselées sur les litset joints de manière à assurer la pureté du profil sur toute la hauteur de l'édifice ". Peu enclin aux fioritures, Considère prévoit un usage limité de lapierres de taille, " pour le soubassement, l'escalier, les encadrements des baies (réduites à leur plus simple expression), les bandeaux, la corniche et le garde-corps ". C'est au point que le Directeur du Service des Phares lui reproche, en novembre 1896, l'austérité de son projet. Se défendant de tout effet ostentatoire, mais songeant certainement à la splendeur du phare d'Eckmühl dont la construction est alors en train de s'achever,l'ingénieur de Quimper corrige le projet et soumet un nouveau plan le 8 janvier 1897. La tour se présente désormais sur un massif de fondation de maçonnerie de 1m de hauteur et 16m de diamètre, surmonté par un soubassement de12,40m de hauteur puis le fût de 53,10m et enfin la corniche et le couronnement. A l'intérieur un escalier de 365 marches permet d'accéder au palier de la chambre de service. Ce projet est finalement accepté. L'adjudication est approuvée le 24 avril 1897 en faveur du sieur Gustave Corre entrepreneur à Brest, mais comme il n'est pas question de démolir l'ancien phare qui porte toujours un feu dans une région très dangereuse pour la navigation, il faut ouvrir une carrière sur l'île. Les pierres de taille proviennent des carrières de kersanton de la rade de Brest.
Au tout début du chantier, Gustave Corre se heurte à une difficulté imprévue. Lors du creusement des fondations, les terrassiers découvrent à seulement 50 centimètres de la surface " une sorte de faille remplie de tuf assez dur, de sable et granite décomposé ". Ne pouvant bâtir une tour aussi haute sur un sous-sol aussi instable il faudra éliminer cette veine inopportune et la combler. Plus tard c'est l'approvisionnement en pierres de taille qui donne du souci à l'entepreneur. En effet, alors qu'elle construit le phare, l'enteprise Corre doit aussi fournir les pierres pour le château de Trévarez que se fait alors bâtir le député local, de Kerjegu. Par la suite le chantier progresse sans problème majeur. Le 13 mars 1900 Gustave Corre décède. Son fils Adolphe lui succède et achève le chantier. Rien n'étant trop beau pour le plus haut phare du monde, le 30 novembre 1900, un marché de gré à gré est passé avec la compagnie de Saint-Gobain pour la fourniture et la pose de 900 mètres carrés de plaques d'opaline destinées au revêtement intérieur des parois de la tour et des embrasures des fenêtres. L'opaline, déjà utilisée pour les phares de la Canche et d'Eckmühl, est alors le meilleur moyen d'éviter la condensation et d'assainir les tours.

* premier mars 1902 : feu à éclat blanc toutes les 5 secondes sur une tour en maçonnerie de pierres de taille de 77m de hauteur, la plus haute tour du monde érigée pour porter un feu,


* 19 octobre 1956: électrification du feu,


* 28 juillet1967, installations des aérogénérateurs, remplacés en novembre 1978.