Phare de Grave, sur la pointe de Grave côté Sud de l'embouchure de la Gironde, à 1550m et au 063° du précédent,

* 1823: on établit en 1823 une tour en charpente parce qu'elle était établie au titre du remplacement d'urgence.

* 1827 : pour la remplacer fut érigée en 1825, à l'extrémité de la côte méridionale de l'embouchure de la Gironde, une tour en maçonnerie de 18 mètres de hauteur équipée d'un appareil lenticulaire de troisième ordre . Mais le littoral connaissait une érosion marine très rapide et le 12 septembre 1829 la mer laissait déjà à découvert les fondations de l'édifice. Le feu est alors éteint transporté sur un poteau provisoire.

*10 novembre 1830 : devant l'urgence de la situation on érigea rapidement un phare en charpente pour le remplacer et répondre aux besoins de la navigation après l'écroulement de la tour en maçonnerie ; de plus cette structure démontable et relativement légère se prêtait aisément aux possibilités de déplacement en fonction de l'évolution du trait de côte.

D'ailleurs dès l'année suivante on la recula, changement d'emplacement réclamé par la situation critique de la tour menacée par la mer d'une destruction prochaine.

*décembre 1837 : le feu précédent est supprimé car trop exposé aux atteintes de la mer et sera provisoirement remplacé par un petit fanal à feu fixe établi sur un petit échafaud.

En 1838 le service maritime de la Gironde estimait que la côte n'évoluait plus aussi rapidement et décidait de reconstruire une tour en maçonnerie ; les travaux terminés, le nouveau feu fut allumé en 1839 au sommet du nouvel édifice mais détruit encore une fois par la mer l'année suivante. Le 21 mars 1839, l'adjudication présentée pour la construction de la seconde tour de Grave, à l'embouchure de la Gironde, était obtenue par le Sieur Bouzac moyennant un rabais de 10% . Ce dernier constata très rapidement que le cahier des charges présentait des lacunes notamment concernant le sol et le sous-sol du site retenu qu'il fallut creuser bien plus que prévu pour assurer des fondations stables. Averti, l'ingénieur en chef ne voulut rien entendre et refusa de prendre en compte cet imprévu ; de plus, en constatant l'excessive lenteur que l'entrepreneur apportait à l'exécution des travaux, il demanda une régie immédiate et d'ajouter pour se justifier, "il est d'ailleurs de notoriété publique que le Sieur Bouzac devait et doit encore d'assez fortes sommes aux aubergistes, gabariers, charretiers, ouvriers, tailleurs de pierre et maçons qu'il a employés et que sa position vers la fin de 1839 était tellement fâcheuse qu'il lui aurait été absolument impossible de conduire ˆ bonne fin le travail qu'il avait entrepris" . Il s'agissait en l'occurrence d'accusations graves qui relevaient de la diffamation car l'entrepreneur put fournir tous les certificats nécessaires pour prouver la saine gestion de sa compagnie et il obtint aisément d'ailleurs la mainlevée de son cautionnement mais jamais d'indemnité.

* 10 janvier 1842 : feu fixe blanc sur la tour en maçonnerie.

Remplacée dès 1842 par une tour en échafaudage, déplacée en juillet 1848 mais cette tour "provisoire" fut définitivement abandonnée au profit d'un troisième phare en maçonnerie édifié entre 1859 et 1863 et allumé le 15 août 1860. Ce dernier connut un meilleur sort puisqu'il continue aujourd'hui encore d'assurer la signalisation de la pointe de Grave.

*15 août 1860 : feu blanc à occultations toutes les 5 secondes sur une tour carrée et soubassement de 25m de hauteur. Lors de la construction cette troisième tour en maçonnerie de Grave, autorisée par la décision ministérielle du 31 octobre 1859, le Sieur Dufour remporta l'adjudication mais en janvier de l'année suivante, l'ingŽnieur de l'arrondissement s'inquiétait de l'état d'avancement des travaux; pour lui l'entreprise retenue ne prenait pas son activité au sérieux car son directeur avait confié "les travaux à un Sieur Coursan, chef d'atelier qui quitte le chantier pour aller à Bordeaux sans mon autorisation et sans même m'informer de ses absences"

De plus, toujours selon l'ingénieur, le chantier était alimenté en pierres de qualité excécrable et n'avanait à son goût que trop lentement. Selon ses récriminations le préfet pronona une mise en demeure qui obligeait l'entrepreneur à utiliser au moins 4 poseurs, 12 maçons et 16 manoeuvres par jour et dans ces conditions l'édifice fut achevé en temps et heure, allumé le 15 août 1860, soit moins de 9 mois après l'adjudication. Cette rapidité représentait un véritable exploit et, sans vouloir contredire l'ingénieur, prouvait la réelle compétence de l'équipe. Ce fut d'ailleurs ce type de raisonnement qui motiva les réactions du soumissionnaire qui ne se satisfaisait pas des 67 000 francs fixés par l'Administration. Le 19 juin 1862 il réclamait des indemnités supplémentaires qui lui furent dans un premier temps refusées ; le 21 novembre 1864 il se pourvoyait contre cette dernière décision et le 8 décembre 1864 une expertise était commandée qui convenait du bien-fondé des réclamations du Sieur Dufour. En séance du Conseil de Préfecture, l'Etat fut donc condamné le 28 janvier 1871 à payer la somme de 6 020 francs. L'Administration refusa ce jugement et posa un recours devant le Conseil d'Etat qui statua le 17 avril 1874 et confirma les indemnités, 14 ans après la fin du chantier !!

* 2 octobre 1911 : incandescence par le pétrole,

* 1936 : électrification du feu,

août 1955: automatisation du feu à occultation toutes les 4 secondes, secteurs blancs, rouge et vert.

GRAVE - 1830
GRAVE - 1839