Feux du Croisic, alignement d'accès au 156° ;


Les deux premiers fanaux sont installés en 1836 sommairement par la commune au sommet de poteaux en chêne,


feu antérieur,
* 22 janvier 1844 : feu fixe blanc sur une potence en bois de 4m de hauteur,
feu postérieur,
* 22 janvier 1844 : feu fixe blanc sur une potence en bois de 6m de hauteur, à 46m en arrière et au 155° du précédent,
ces deux feux sont remplacés le 22 juillet 1896 et installés sur des potences en bois peintes en blanc et accolées à des cabanes en bois peintes aussi en blanc fondées sur des soubasements béton


Jetée du Tréhic, à l'extrémité de la jetée,


* premier février 1874 : feu fixe rouge sur une tourelle ne maçonnerie de pierres de taille des carrières de Batz-sur-Mer de 9m de hauteur ; construite par Pierre Jeanneau entrepreneur à Nantes
* 16 novembre 1904 : feu permanent sans gardien, feu fixe à secteurs blanc et rouge,
* 15 septembre 1937 : feu à 1 occultation toutes les 6 secondes, alimenté au propane,
* 24 novembre1937 : explosion des bouteilles de propane,
* 8 février 1938 : rallumage du feu,
En 1940 de sérieux dégâts sont occasionnés par les Allemands,
* 20 novembre1945 : rallumage du feu avec une lampe à pétrole remplacée par le gaz naturel le 22 novembre1948, feu à occultation toutes les 4 secondes,
* 1950 : électrification du feu ; à cette occasion on construit un abri en maçonnerie en arrière de la tourelle où sont abrités les batteries d'accumulateurs et le tableau de contrôle selon les plans de l'architecte de Saint-Nazaire, Batillat.
* 1956 : feu isophase secteurs blanc et verts,
* octobre 1962 : inscription du nom sur la tour,
* juin 1963 : nouvelle lanterne circulaire.

TRÉHIC

 

Phare du Four, sur le plateau du Four à 2 milles à l'Ouest du Croisic,

Sans attendre les conclusions de la vaste enquête entreprise au lendemain de la période napoléonienne par la Commission des Phares et la présentation du programme général d'éclairage des côtes de France, le département des Ponts et Chaussées ne se borna pas à quelques améliorations locales par l'exécution de balises sur les écueils reconnus les plus dangereux ;


il réalisa aussi quelques phares très simples mais aussi le remarquable phare du Four à l'entrée de la Loire.


En 1816, la décision fut prise de construire en pleine mer sur le rocher du Four, au large du Croisic, un phare destiné à porter un feu.
Cet édifice se présentait sous la forme d'une tour cylindrique de 17 mètres de hauteur sur 5 mètres de diamètre ; elle comportait à sa base un large empattement destiné à lui assurer une plus grande stabilité sous les coups de boutoir de la mer .


L'adjudication du 21 juillet 1819 est approuvé le 31 octobre 1819 au profit des entrepreneurs Dardel et Genton. La tour fut élevée, d'ailleurs sans difficulté majeure, par les ingénieurs François Plantier et Rapatel et allumée le premier janvier 1822.

Mais pourquoi une construction neuve alors que la politique générale d'équipement consistait surtout à améliorer les établissements existants ou bien utiliser des édifices en place et les couronner d'une lanterne. De cette manière fut récupérée une tour de l'enceinte de la ville de Calais, la tour du guet, qui "sera allumée dans la soirée du mardi premier décembre 1818 et continuera, à dater de cette époque à être éclairée depuis le coucher jusqu'au lever du solei"l  ; la tour de Leuguenaer à Dunkerque, de la Chaume aux Sables-d'Olonne, celle de l'Aiguillon à Saint-Nazaire ou l'ancien sémaphore d'Alpreck connurent une transformation du même genre. Et pourquoi en pleine mer alors que pour les dépenses envisagées il était bien plus simple, plus efficace et plus rapide d'ériger à terre trois tours pour le même prix ?
Il est vrai que dès 1810 l'ingénieur de Saint-Nazaire, Plantier, signalait cet écueil comme particulièrement dangereux pour la navigation car situé sur la même latitude que l'entrée du fleuve où "combien de marins après avoir couru tous les dangers d'une longue et pénible navigation ont terminé leur voyage et leur vie sur ce fatal rocher. Cet écueil est celui de tous qu'il serait important de baliser" .
Cinq années plus tard la Chambre de Commerce de Nantes réclamait ardemment l'établissement de la tourelle envisagée car "l'écueil est le plus dangereux de l'entrée de la rivière et c'est le premier de tous qu'on aurait du signaler mais en l'indiquant en première ligne"... on ne pouvait s'en occuper en temps de guerre avec l'Angleterre parce que les ouvriers pouvaient être inquiétés ou enlevés par l' ennemi . Avertie, la Direction Générale des Ponts et Chaussées décida de la construction et demanda conseil à la Commission des Phares qui approuva cette exécution . Elle chargea l'ingénieur Plantier de rédiger un projet et d'organiser le futur chantier. Pour ce faire il disposait des recommandations de son Directeur général qui prescrivait pour les dimensions de la tour "en fixant la hauteur à 17 mètres 64 et arrêtant que la base serait une portion de parabole de révolution ayant au pied 10 mètres de diamètre réduit à 5 mètres 40 dans la partie supérieure : celle-ci à surmonter d'un cône tronqué ". En fait il s'agissait ni plus ni moins que de la copie conforme des deux phares britanniques déjà érigés en mer, celui d'Eddystone et surtout celui de Bell-Rock, il est vrai les plus réussis dans leur genre à cette date. Dans la liasse des archives départementales de Loire-Atlantique nous retrouvons le passage du recueil de Lesage concernant la construction du troisième phare d'Eddystone, reconstruit entre1757 et 1759 par l'ingénieur anglais John Smeaton (1724-1792), et un plan complet de la tour de Bell-Rock érigée entre 1807 et 1810 pour le compte du Northern Lighthouse board par Robert Stevenson (1772-1852) sur un récif isolé à environ 10 milles de la côte Est de l'Ecosse : cette dernière s'élevait à 96 pieds (29,25 mètres) au dessus de sa base et représentait à l'époque un véritable exploit qui fut salué à ce titre dans toute l'Europe.
L'adjudication pour la réalisation du phare français fut lancée le 21 juillet 1819 et remportée par l'entreprise Dardel et Genton ; la machine de rotation fut fournie par l'horloger Wagner de Paris, la lanterne par le constructeur Bertrand-Fourmaud et l'appareil d'éclairage, composé de 6 réflecteurs, par la compagnie Bordier-Marcet. Cependant, dès son allumage, Beautemps-Beaupré entreprenait la reconnaissance hydrographique des lieux pour constater que la route jalonnée par ce feu ne présentait pas grand intérêt pour la navigation et que le choix du site reposait sur une pratique séculaire incongrue. Dans ces conditions le premier phare en mer français se trouvait dès son inauguration déclassé et l'on ne peut comprendre l'empressement de l'Administration à l'exécuter que par la volonté de prouver au monde maritime la puissance et l'ingéniosité française, la grande compétence du Corps des Ponts et Chaussées ou la puissance de la royauté retrouvée.


* premier janvier 1822 : feu fixe blanc, appareil Bordier-Marcet à 6 réflecteurs, sur une tour cylindrique en maçonnerie de pierres de taille,
* 15 décembre 1846 : feu à éclats longs blancs toutes les 30 secondes sur la même tour exhaussée de 6,20mètres de hauteur par les entrepreneurs Vincent et Bernard pour porter le nouveau feu de deuxième ordre catadioptrique fourni par la maison Henry-Lepaute.
1884, la tour est peinte en blanc,
* 22 août 1904 : feu à incandescence par le pétrole,
* 6 octobre 1932 : nouvel appareil optique BBT et modification des caractéristiques, éclat blanc toutes les 3 secondes dans une lanterne à vitrage circulaire,
* 15 octobre 1932 : remplacement du système de rotation sur galets par une cuve de mercure,
juillet 1935, la tour est peinte par bandes obliques blanches et noires,
La tour souffre peu durant les années d'occupation et le feu est rallumé le 13 août 1945.
La murette peinte en blanc est repeinte en vert foncé en avril 1954. Par décision ministérielle du 22 mars 1954 il est décidé que le feu à pétrole gardé serait transformé en feu à gaz non gardé. Cette transformation avait reçu un avis favorable de la Commission des phares mais un avis franchement défavorable de la Commission nautique locale. Celle-ci craignait une diminution de la sûreté de fonctionnement du feu. La Commission locale revient sur sa décision en 1956 et des essais sont prévus pour la conversion au gaz mais ils ne furent jamais réalisés.
12 octobre1983 : automatisation du feu après l'installation d' un aérogénérateur et modification du rythme, 1 éclat blanc toutes les 5 secondes.