COUBRE 1895 FEU AUXILLIAIRE DESSIN
LA COUBRE : FEU AUXILIAIRE - 1895
COUBRE 1905 DESSIN

Phare de la Coubre,

 

pointe Nord de l'embouchure de la Gironde,


Une situation particulière caractérise la pointe de la Coubre située sur la rive droite de l'embouchure de la Gironde où la rapide évolution du littoral interdisait toute construction en maçonnerie au risque d'assister inévitablement à sa destruction le rivage rongé par la mer. Pour cette raison les ingénieurs du service maritime décidèrent d'établir le premier feu de la Coubre, Dm d'approbation des travaux en date du 30 juin 1830, au sommet d'une petite tour en charpente haute de 11 mètres et allumé le premier décembre 1830.

Une fois seulement convaincus de la stabilisation du rivage les ingénieurs de la Charente décidèrent la construction d'une petite tourelle en maçonnerie attenante à une maison de gardien, qui portait le feu allumé le 8 novembre 1842.

Mais encore une fois l'océan accomplit son oeuvre destructrice et l'on considéra que la maison était menacée si bien que l'on érigea durant l'été 1860 un échafaudage en sapin pour recevoir l'appareil lumineux rallumé le 15 août 1860.

Après plus de 20 ans de service, en 1883, la tour se trouvait dans un état critique; elle exigeait un entretien annuel très onéreux car une grande partie des bois était pourrie et la stabilité de la charpente était compromise. Le phare oscillait de manière inquiétante par grands vents du large.

Dans ces conditions les ingénieurs considéraient comme nécessaire, à très brefs délais, la reconstruction complète de l'édifice et ils proposèrent un projet en maçonnerie dans le voisinage de l'emplacement de la tour en bois.

Une commission Nautique se réunit en septembre 1883 pour éxaminer ce projet et admit le bien fondé des critiques formulées par l'Administration des Travaux publics. Mais la côte connaît un recul permanent inquiétant et les ingénieurs hésitent à reconstruire une grande tour qui risque de s'écrouler rapidement.

En 1888 un premier avant-projet sérieux propose une tour en fer :
"La maçonnerie doit, à notre avis, être écartée, vu la dépense très élevée qu'entraînerait son adoption. Les carrières du pays ne fournissent que des moéllons de qualité médiocre s'altérant à l'air ; il est de toute nécessité pour assurer la conservation des maçonneries de les recouvrir d 'un enduit. C'est là un premier et sérieux inconvénient pour un ouvrage de grande dimension. En outre cette maçonnerie de qualité inférieure reviendrait à un prix élevé. Les carrières les plus proches de la pointe de la Coubre en sont distantes de 15 kilomètres environ et il n'y a pas de chemin d'accès : le transport de la pierre ne pourrait se faire que péniblement... On ne peut pas évaluer à moins de 400 000 francs la construction du phare en maçonnerie. Avec le métal la dépense ne dépassera pas 190 000 francs... Dans de telles conditions le choix du métal s'impose" . Paris, le 5 mai 1888, l'ingénieur Gérardin du Service central des Phares et Balises.

Le 18 octobre l'ingénieur Gobert de la société Eiffel, après avoir examiné le projet, répond que les calculs ne présentent aucun défaut et que les dispositions générales de l'édifice sont bonnes. Dans ces conditions la société Eiffel accepte d'exécuter la construction telle qu'elle est projetée. Pourtant cette solution du métal est finalement rejetée et l'on s'en tient à un projet tout en pierres de taille car les ingénieur du département jugent alors que la côte s'est stabilisée et que le recul est interrompu pour de nombreuses années.

Cette réalisation intervient seulement en 1895 ; les moéllons proviennent des carrières de Merlot près de Rochefort. Les pierres de l'escalier, des encadrements de porte, du socle et du cordon du soubassement sont en granite bleu de Nantes. Toutes les autres pierres de parement, en calcaire, proviennent des carrrières de Crazannes.

Mais cette grande tour de maçonnerie construite par l'entrepreneur Guiraudie de Saint-Siméon dans la Manche, connut elle aussi un triste sort car le recul du rivage s'accroît dès le lendemain de son allumage le 16 novembre 1895 et, constatant l'avancée de la mer, on juge préférable dès 1900 d'établir une seconde tour en béton à 1600 mètres en arrière. Le chantier de la nouvelle et dernière tour en béton armé, conçue par l'ingénieur Alexandre, commence le premier décembre 1904 et le feu est allumée le premier octobre 1905. Les prévisions les plus pessimistes se réalisèrent d'ailleurs et la tour en charpente s'écroula en septembre 1898, la tour en maçonnerie de 1895 connut un sort identique dans la nuit du 20 au 21 mars 1907.


* premier décembre 1830 : feu fixe blanc sur une tourelle cylindrique et corps de logis de 12m de hauteur,


* 8 novembre1842 : feu fixe blanc sur une tourelle en maçonnerie et corps de logis,


* 15 août 1860 : le feu est tranféré sur un échafaud en bois de 30m de hauteur car la côte est érodée et le bâtiment de 1830 est menacé par la mer. La tour de bois est vendue aux Domaines par la DM du 19 février 1897.


* 16 novembre 1895 : feu 2 éclats blancs toutes les 10 secondes au sommet d'une tour cylindrique en maçonnerie de pierres de taille de 53m de hauteur dont les plans sont préparés par les ingénieurs Potel et Mallat. Les travaux sont exécutés par Guiraudie entrepreneur à Saint-Siméon dans la Manche.


* premier octobre1905 : le feu est transféré sur la nouvelle tour en béton armé, la première du genre en France, de 58m de hauteur construite en un temps record entre le 25 janvier 1905 et le 25 juillet 1905. Dans ces grandes lignes "elle est semblable à l'établissement actuel mais conçu de manière à pouvoir être édifié aussi rapidement et aussi économiquement que possible." À Paris, le 26 janvier 1904, le Directeur des Phares .


25 mars 1920, la partie supérieure du phare est peinte en noir,


hiver 1924-1925, le logement de sirène de brume est reculé à 1150m en arrière du phare car le recul de la dune est inquiétant,


* premier septembre 1933 : feu auxiliaire rouge sur tout l'horizon,


23 août 1952 : le sommet du phare est peint en rouge.

LA COUBRE - 1905
COUBRE 1895 DESSIN
LA COUBRE - 1895
COUBRE PROJET DESSIN
LA COUBRE - PROJET