LE PAON
Phare du Paon, sur la roche du Paon au Nord de l'île de Bréhat,

Projet de construction autorisé par décision ministérielle du 21 mars 1855.

Les feux du Paon et du Rosédo donnent la direction passant par l'écueil de la Horaine signalé par un feu le 15 décembre 1897.

Une première adjudication pour la construction des deux feux fut tentée le 13 mars 1858 mais sans succès car il ne se présenta qu'un seul entrepreneur qui demandait une augmentation de 25%. La seconde adjudication, revue à la hausse, présentée le 29 juin 1858 et évaluée à 14 676 francs, fut enlevée par le Sieur MAHÉ moyennant un rabais de 8% mais là encore des difficultés trop importantes pour les épaules de l'entrepreneur l'obligèrent à demander la résiliation de son contrat en septembre 1859. Il fondait cette requête sur l'impossibilité où il se trouvait de terminer les fanaux en alléguant qu'il ignorait, lors de la soumission, les maigres possibilités de construction offertes par les pierres de l'île et les coûts d'hébergement des ouvriers. L'ingénieur en chef du département, tout en remarquant que les motifs invoqués étaient sans valeur, proposait cependant d'accueillir la demande car, faisait-il observer, "la mise en régie ou la réadjudication des travaux à la folle enchère n'aurait d'autre résultat que d'aboutir à la ruine absolue de cet entrepreneur qui est père d'une nombreuse famille" . Il fut fait selon ses prescriptions mais à peine deux mois plus tard une augmentation de crédit de 2500 francs fut approuvée en décembre puis une seconde de 2149 francs en février 1861 pour l'achèvement des travaux par voie de régie totale.

Ces décisions prouvaient d'une part que les côuts initiaux ignoraient bon nombre de difficultés inhérentes aux chantiers sur des îles à peu près désertes et d'autre part que l'entrepreneur avait sans doute raison quant aux coûts supplémentaires évoqués. En définitive les deux fanaux revinrent à 26 805 francs soit le double approximativement de l'estimation de l'adjudication. Dans ces conditions le Sieur Mahé posait une réclamation le 2 janvier 1861 pour tenter d'obtenir une indemnité afin de couvrir les pertes éprouvées dans cette entreprise estimées par lui à 1528 francs. Avertie, la Direction Générale des Ponts et Chaussées s'enquit de tous les détails concernant cette affaire auprès de l'ingénieur Pelaud qui reconnaissait que le chantier avait connu de sérieuses difficultés en raison de la mauvaise qualité des pierrres et du peu de ressources de l'île et il donnait en grande partie raison à l'entrepreneur en contradiction avec le rapport établi deux ans auparavant lors de la résiliation du contrat. Toutefois il contestait le chiffre avancé mais "mû par un sentiment de pitié pour une famille réduite à la misère"  il pensait qu'il serait "de la bienveillante équité de l'Administration de prendre à sa charge l'augmentation qui provenait des dures conditions de travail"  qui accepta et se fendit de la somme royale de 594 francs et 85 centimes.

* premier août 1860 : feu fixe rouge sur une tourelles carrée avec corps de logis de 9,50m de hauteur,
* premier avril 1880 : appareil catadioptrique, feu fixe à secteurs rouges et blancs,
* 1895 : feu fixe à secterur blancs, rouges et vert,
* 1942 ; électrification du feu,
détruit le 4 août 1944 par les troupes allemandes,
* 1952 : mêmes caractéristiques.

PAON 1952
PAON 1952
ROSEDO 1950

Phare du Rosédo,

 

dans le Sud-Ouest de l'île de Bréhat,


* premier août 1860 : feu fixe rouge sur une tourelles carrée avec corps de logis de11,50m de hauteur,

* premier mars 1897 : feu à éclat blanc toutes les 5 secondes,


détruit le 4 août 1944 par les troupes allemandes,

* 1952 : mêmes caractéristiques sur une tour semi-circulaire et corps de logis.