Phare du cap Ferret, au Nord de l'entrée du bassin d'Arcachon,


Le 14 avril 1836, moyennant un rabais de 21%, le Sieur Escarraguel enlevait l'adjudication pour la construction du phare à réaliser selon les plans de l'ingénieur Deschamps.

Dans l'impossibilité d'extraire les pierres de la carrière de Saint-Savinien, comme le spécifiait le métré, il lui fallut les faire venir de Barsac et de Saint-Macaire, entraînant du même coup une augmentation des dépenses estimée à 17 000 francs.

Le sol plus meuble que prévu nécessita des fondations plus profondes et plus importantes mais l'entrepreneur continua son chantier tout en signalant au fur et à mesure ces surcoûts dont il n'était aucunement responsable et réclamant en conséquence des indemnités pour les couvrir. L'ingénieur ordinaire répliqua que l'extraction était exécutée sans autorisation des ingénieurs et que les entrepreneurs étaient tenus de supporter toutes les conséquences de la substitution de matériaux dont il s'agit  . Les indemnités demandées furent donc refusées.

Une seconde réclamation fut présentée en janvier 1838 pour obtenir des dédommagements en compensation des avaries survenues aux barques et bateaux employés à tranporter les matériaux au phare et à laquelle il fut encore répondu négativement sous prétexte qu'aucune circonstance exeptionnelle n'avait provoqué ces naufrages et que seule la responsabilité de l'entrepreneur était impliquée.

En juillet 1838, fort de sa bonne foi, il présenta une troisième réclamation contre les erreurs du métré qui auraient été commises à son préjudice mais qui connut le même sort que les précédentes.

Au total le phare coûta 352 461,55 francs, sans la lanterne ni l'appareil optique, pour un total initial autorisé de 204 946,61 francs soit une augmentation de 72% à l'entière charge de l'entrepreneur qui acheva certes l'édifice mais se résolut à mettre la clé sous la porte à la suite de ce marché.


* premier novembre 1840 : feu fixe blanc sur une tour cylindrique en maçonnerie de 47,70m de hauteur,

* 12 septembre 1904 : feu mixte à éclats alternativement blanc puis rouge,

* 30 septembre 1928 : feu à éclats rouges toutes les 5 secondes. la Société des Nations avait émis le voeu que les feux mixtes soient abandonnés car ils étaient difficiles à identifier en raison des portées différentes. Le feu du Cap ferret pour répondre à cette instruction est converti en feu à éclat rouge mais cette décision eut pour effet une diminution de la visibilté de 20 à 7 milles. D'où protestations énergiques des marins arcachonnais mais le feu rouge est conservé,


* 1929 : électrification après la construction d'une centrale avec 4 groupes électrogènes,
tour détruite le 22 août 1944 par les Allemands,
* 1948 : feu à éclat rouge toutes les 5 secondes sur la tour reconstruite presque à l'identique en béton armé,
* 1995 : automatisation.